On dénombre actuellement 475 taxa d'Hétérocères
(papillons de nuit), répartis en 27 familles, comprenant 194 espèces
endémiques, dont 20 sont communes aux trois îles de l'archipel
des Mascareignes, soit un taux d'endémisme total de 40,8 %.
L'étude de la distribution altitudinale s'est faite sur 9.374
spécimens capturés et/ou observés, selon des intervalles
d'altitude de 250 m., sauf dans la bande des 0-250 m (intervalles de 125
m.).
Tableau de synthèse sur la répartition altitudinale
des Hétérocères
Les remarques essentielles portent sur :
1- la répartition altitudinale des taxa en fonction de l'altitude
(biodiversité).
2- la répartition altitudinale des endémiques en fonction
du nombre total de taxa.
3- la répartition altitudinale des endémiques en fonction
du nombre total d'espèces endémiques.
1- Répartition altitudinale des taxa en fonction de l'altitude
(biodiversité).
La répartition altitudinale des espèces présente
des pics de biodiversité tout à fait remarquables, tout particulièrement
en basse altitude dans la zone des 0-125 mètres et un maximum d'intensité
vers 750 mètres. Puis elle diminue en vagues successives avec des
pics à 1.250 m. et à 1.750 m. Avec le changement de végétation
(passage à des formations éricoïdes d'altitude), la
biodiversité chute vers 2.000 m. pour atteindre des niveaux très
bas à partir de 2.500 m, et le commencement de l'univers minéral.
Les taxa à vaste répartition géographique sont
assez présents jusque vers 1.800 mètres, ce qui indique l’invasion
des milieux naturels par des essences végétales exotiques.
Histogramme 2
2- Répartition altitudinale des endémiques en fonction
du nombre total de taxa.
Sur le même histogramme, on remarque que la biodiversité
des espèces endémiques suit une courbe différente,
avec des pics de biodiversité des espèces endémiques
qui se situent entre 750 m. et 1.750 m. Cela correspond globalement aux
forêts mésothermes hygrophiles de moyenne et de haute altitude.
Puis la biodiversité des endémiques s'effondre dès
2.000 m.
3- Répartition altitudinale des endémiques en fonction
de la totalité des espèces endémiques
L'histogramme ci-après met en valeur la montée en puissance
de l'endémisme d'une manière constante avec un pic important
vers 2.500 m. et une chute au-delà. On se rend compte que l'endémisme
est lié à la nature même de la végétation.
Histogramme 2
Conclusions
1 - La biodiversité des espèces est importante
en basse altitude, malgré une végétation très
dégradée.
Après une chute inexpliquée vers 250 mètres, elle
est à nouveau importante dès 750 mètres et décroît
régulièrement jusqu'à la fin de la présence
de la forêt primaire humide d'altitude.
2 - La biodiversité des espèces endémiques
reste assez constante entre 750 et 1.750 m., pour décroître
rapidement après.
Par contre, à partir de 2.000 m. ce sont essentiellement des
espèces endémiques spécialisées dans la vie
en altitude qui peuplent les contrées à Ericacées.
Cependant on y rencontre des espèces migratrices à vaste
répartition géographique.
3 - On constate que la présence des espèces endémiques est liée à la présence d'une végétation indigène et/ou endémique, et que les espèces ravageuses et à vaste répartition géographique sont liées à une végétation dégradée et exotique.
4- On remarque que les Hétérocères sont
des indicateurs biologiques des milieux.
A végétation exotique, papillons de nuit exotiques, dans
la plupart des cas (parfois adaptation des chenilles à des plantes
de substitution).
A végétation indigène et/ou endémique,
papillons de nuit endémiques et/ou indigènes.
5- On trouvera ci-après 3 cartes de La Réunion sur lesquelles sont représentées les zones de biodiversité et les zones d'endémisme des Hétérocères en fonction de l'altitude.
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